Vous savez quoi? Tout ce que je fais est un putain de mensonge. Pur et dur. Personne ne sait vraiment qui je suis, et moi-même, je l'ignore. Je respire des mots et des illusions fausses, des choses qui ne veulent rien dire depuis bien trop longtemps. Si je dois résumer mon existence, je dirai que je suis perdue. Ma réflexion n'a véritablement commencé que lorsque j'ai réalisé que ma famille n'était pas un piédestal pour moi. J'ai jamais su dire les yeux dans les yeux ce que je pensait, par gêne, par énervement, par crainte. Je me mettais a pleurer. Et je fuyais. C'est un putain de mensonge, oui. J'avais 10 ans et j'ai jamais su dire a mon père que j'étais malheureuse de voir mon enfance coupée en deux, que j'pouvais plus jouer a faire des petites maisons en papier et m'inventer des histoires me rongeait. J'étais tellement habituée a rire avec ma mère, qui depuis mes 8 ans ne faisait plus vraiment partie de ma vie pour des raisons familiales, et de ne plus avoir a partager avec elle mes petites histoires me faisait mal. C'était clair: j'avais un père et deux s½ur. Et une mère absente, involontairement. Je vivais donc avec des gens qui ne m'étaient pas familiers, ou pas que je m'en souvienne, car quand j'essaye de me rappeler les rires de mon enfance je ne les voit pas. Je ne vois qu'elle. Alors j'étais triste. Je me suis réfugiée dans mon monde, et même encore aujourd'hui je ne l'ai pas quitté. Les gens qui croient en faire partie se trompent, c'est un monde sale, triste, j'y vit seule et ça me convient. Je crois que ma famille n'a jamais pu me comprendre parce que dans ce monde la règle d'or c'était de mentir aux intrus, où du moins ne pas expliquer ce qu'on ressent et ce qu'on subit. Ça m'a totalement exclue, et vous savez, même si dans ce monde je m'y suis mise toute seule, à cette époque ça m'a blessée de voir que mon père n'essayait pas d'y entrer et de m'aider. C'était ma façon à moi de dire « je vais mal », et personne n'a réagit. Personne, mit a part celui que j'ai nommé « grand frère ». Un ami en qui j'ai su trouver un soutient. J'avais 12 ans. Je vous le dit franchement, je n'ai jamais vu cette personne de mes propres yeux. Mais ça me suffisait. Contrairement a ce qu'on pourrait croire, il n'a pas fait partie de mon monde. Parce qu'on ne s'est jamais vus, je n'ai pas été franche avec lui, il y a des détails dans ma vie qu'il ne connaît pas. La règle d'or, c'est de mentir. Ce ne sont pas des détails importants à présent, sauf un. Mais je ne lui mens plus, c'est juste que je ne lui ai pas dis. Une façon de dévier. Et puis alors que j'étais vide, oui parce que même s'il était là je me disait clairement dans ma tête que je trouvait la vie inutile, et que j'avais 13 ans, un banal dimanche matinale, ma s½ur est entrée dans ma chambre. Je me souviens encore de ses mots, du ton tremblant qu'avait sa voix. « Maman est morte ». Je crois que ça m'a ouvert les yeux. Pendant des jours et des jours je ne cessais d'aller mal. Mais au bout d'un certain temps, j'ai su faire mon deuil, et celui de mes pensées noires par la même occasion. J'avais 15 ans lorsque je suis entrée en seconde, et où j'ai décidé d'aller faire mes années de lycée loin du collège ou j'avais passé deux ans a me morfondre, là ou il n'y avait que du noir, même si ceux qui m'avaient accompagnée en ce temps sont merveilleux, même si je les aimais, et je les aime, beaucoup. J'ai donc découvert là-bas de nouvelles personnes, qui m'ont rendue la vie existante à un point culminant. Cela fait maintenant trois années que je suis là-bas, et je ne regrette absolument pas ce choix. Même si, ces temps ci je trouve l'ambiance un peu trop faux cul, vous savez, je les aime, je vous aime. Mais le temps me rattrape. Ce monde ne m'a jamais quittée. Je m'en évade la semaine lorsque je suis à l'internat, mais le week-end, je m'y retrouve, je m'y enchaîne, pour ne pas dire je m'y détruis. Et puis cet ami, ce « grand frère », il a toujours fait partie de ma vie. En ce mois d'avril dernier, il a du 'partir', pour quelques temps. Et il est revenu, il y a quelques semaines. J'étais heureuse. Il avait changé, il était plus présent que jamais. Ça me libérait de mon monde ; le week-end quand je rentrais, je n'avais plus envie de m'y séquestrer, je voulais lui parler, et rire avec lui. J'ai fais l'erreur d'en tomber amoureuse, à force d'être aussi proche avec lui. L'erreur. Je lui en ais parlé, et ce qu'on en a dit, seule quelques personnes le savent. J'avais peur de perdre notre complicité. Et puis du jour au lendemain, il était froid, pour dire, absent. Je n'ai pas compris. Et depuis, chaque jour c'est un supplice de me lever, et de lui parler, pour me rendre compte que j'ai sûrement fais un faux pas avec lui, parce qu'il est distant. A force, j'ai ce sentiment d'être utilisée. Depuis cinq ans. Je ne remets pas en questions tout ce qui a pu se passer depuis le premier jour ou je lui ai dis « tu es le frère que je n'ai jamais eu ». Je n'efface rien, non. J'ai juste mal, mal de me sentir mise de côté après quelques semaines de joie, de rire avec lui. Je ne saurait vous l'expliquer, l'amour que je lui porte est un sentiment qui m'anime depuis tellement longtemps. Sous n'importe qu'elle forme qu'il a pu être, c'est quelque chose de bien plus fort qu'il peut se l'imaginer. Alors, ne m'en voulez pas, si j'ai besoin de m'enfermer dans mon monde, ces temps-ci. Ne m'en voulez pas.. Parce que je me sens rejetée, quoi qu'il puisse me dire, et que ça fait mal. De voir la personne qui fait battre votre c½ur d'une façon tellement forte et, indestructible?, vous ignorer ainsi. J'ai énormément besoin d'être seule. Je sais que pour aller mieux, il serait préférable que je me change les idées, que je ne me ronge pas. Mais vous savez, ma vie est un putain de mensonge, tellement moche. Je n'ai pas envie d'aller mieux, si avec lui ça ne colle plus.
Je me rend compte que tout ceci est incomplet. Il y a des gens qui m'on fait vivre dont je n'ai pas parlé, et a vrai dire, je n'ai pas d'excuses là dessus. Tout premièrement, Aurélien, qui lui aussi est un bout de ma vie depuis cinq ans, que je n'oublis jamais, qui a toujours su me faire rire. Eh oui, tu es important, n'en doute jamais. De plus, Cynthia, Yuna & Solweig, avec qui j'ai passé des moments inoubliables durant quatres mois non-stop, et qui me manquent énormément. Oh, et puis, ceux de ma classe de 2nde a st pol également =D. Mes douarnenistes, et aussi ceux qui ne le sont plus de lycée mais qui le resteront dans l'âme, surtout Morgane ^^, qui me manquent beaucoup aussi. Anaïs que je connais et qui me connait depuis.. 7 ans? ^^ & puis sa famille que j'ai toujours concidérée comme une deuxième famille à mes yeux. Julien, qui est la première personne a qui j'ai su dire un "je t'aime' d'amoureuse, mais avec qui malheureusement je n'ai pas su être claire, et que j'ai blessé. Blandine & Sam qui depuis 7 ans aussi sont toujours là. Y'a des gens qui bouleversent votre amosphère, que vous n'oublierez jamais.